La dimension culturelle dans nos actions de formation
Depuis 1982, avec la loi de décentralisation, la nouvelle politique culturelle se veut ouverte à toutes les formes d’expression : « L’action culturelle dans la vie régionale et locale doit permettre au communautés et aux groupes sociaux de retrouver leurs racines et de se réapproprier leur histoire et leur patrimoine, pour leur rendre, avec leur identité, la maîtrise d’un avenir autonome ».
D’autre part, la loi n° 82-1171 du 31 décembre 1982 portant sur l’organisation des régions de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique et de la Réunion, reconnaît à la Région un rôle pour la préservation de son identité et une compétence générale pour le développement culturel. Le changement institutionnel intervenu par l’application de ces lois va provoquer d’une part, une forte revendication d’une politique culturelle adaptée aux réalités locales et d’autre part, l’intégration de l’identité réunionnaise comme facteur de développement.
L’identité réunionnaise est donc clairement affirmée par les différents courants de pensée réunionnais qui souhaite dépasser les différences tout en respectant les spécificités, pour arriver à un équilibre sans lequel ils ne peuvent concevoir la société réunionnaise.
En effet, la société réunionnaise est dès l’origine de sa constitution une société complexe, multiculturelle dont les membres partagent une ile, une histoire spécifique, et s’enrichissent mutuellement de leurs apports culturels divers, et c’est en ce sens qu’elle est originale. Dans ce contexte existe aussi une confrontation larvée entre tradition et modernité, des tensions latentes, beaucoup de non dits qui nous obligent constamment à être innovants, à être en recherche continuelle de solutions originales et à sortir de la routine et dans l’application systématique de faux remèdes dans des situations à chaque fois nouvelles.
Mais, cette société pluri-éthnique et pluri-culturelle, dont l’histoire est relativement récente, se trouve depuis son origine sous la pression d’un modèle dominant. « Ce qui inquiète dans la recherche de l’identité réunionnaise, et donc dans sa confrontation au modèle dominant, l’Autre, c’est que la recherche ne puisse aller plus loin que dans l’identification de l’Autre perçu comme un bloc homogène. »[1]
C’est ainsi que devant la coexistence plus ou moins pacifiée de plusieurs modèles culturels, la société réunionnaise a toujours privilégié les valeurs et les modes de vie européens qui définissent l’appartenance aux classes privilégiées. La culture traditionnelle, sa langue, sa musique, sa danse, sa cuisine sont reléguées au rang de folklore à usage commercial, alors qu’elles constituent de fait l’existence réelle et symbolique de la majorité de la population.
L’enjeu dans le cadre d’une action de formation est la prise en compte de toutes les composantes de la culture réunionnaise et donc de permettre à l’Homme réunionnais de se reconnaître, de se responsabiliser, d’être valorisé, de retrouver sa dignité et d’assurer son développement et celui de la société où il vit. L’enjeu est donc de pouvoir exploiter et mettre en exergue cette richesse culturelle, afin de trouver un équilibre et par la même occasion valoriser un savoir faire réunionnais.
L’enrichissement de l’individu passe par l’appropriation et l’acceptation de son identité. C’est dans cette optique qu’il est nécessaire dans le cadre d’une formation de valoriser l’ensemble des compétences. Nous vivons dans une société où l’information circule rapidement par le biais d’internet et des médias de manière générale. Un individu évolue avec toutes ses données, c’est pourquoi l’espace formation doit rester ouvert sur la société et sur le monde.
En référence à ce qui a été écrit plus haut, nous devons aussi valoriser la culture réunionnaise pour enrichir le contenu de la formation.
Nous croyons fortement à l’idée que l’ouverture à l’Autre participe fortement à l’épanouissement de l’individu et que travailler dans une démarche d’appropriation de son environnement culturel lui permet d’affirmer son identité.
Cette culture « métissée » qui caractérise la Réunion par son peuplement, son histoire, sa langue, sa cuisine, son patrimoine architectural, sont autant d’éléments qui peuvent être abordés dans le contenu de la formation.
[1] DE SIGOYER, M.A, Mémoire DESS, Identité réunionnaise et politiques culturelles à la Réunion, p. 22-23, 1993