Dimension sociale
Les contours de l’insertion sociale sont très difficiles à appréhender, sa définition pouvant être multiple et très individualisée en fonction de chacun. Les lieux d’insertion sont également très divers : la famille, le quartier, l’association, le travail peuvent offrir des opportunités d’insertion qui peuvent se compléter et même se compenser.
L’insertion professionnelle demeure un des piliers fondamentaux de l’insertion sociale, et bien que le temps du plein emploi pour tous est un objectif de plus en plus difficile à atteindre, Il n’en demeure pas moins que l’insertion sociale, basée ou non sur une insertion professionnelle reste une préoccupation de l’ensemble des acteurs.
La crise de l’emploi aggrave les phénomènes d’exclusion, les problèmes de logement, « l’errance » des jeunes, les phénomènes individuels d’enfermement (toxicomanie, alcoolisme, suicide…) les phénomènes collectifs de violence…. Il n’y a pas un facteur unique d’exclusion, mais des rapports sociaux économiques et culturels d’exclusions et donc a contrario, d’insertion.
Cette crise accentue les écarts entre ceux qui vivent pourtant sur un même lieu, souvent dans des conditions similaires, dans un espace social où la proximité ne génère plus le lien et n’arrive plus à contenir les dérives sur un marché de l’emploi de plus en plus restreint, d’une concurrence entre pairs de plus en plus exacerbée qui peut amener l’intolérance, le rejet, l’indifférence.
L’exclusion apparaît comme le revers d’une compétition dont certains sortent gagnants, mais forcément au détriment d’autres, qui, entraînés dans une spirale de « désinsertion », en payent les frais. On assiste alors au développement du « chacun pour soi », du ressentiment envers ceux qui semblent s’en sortir, en oubliant tout ce que le collectif peut avoir de positif.
Ces comportements rejaillissent d’une manière ou d’une autre sur le quartier, sur la famille, sur les enfants et donnent bien souvent des lieux de vie collectifs sans âme, mal entretenus avec des problèmes d’incivilités, d’échecs scolaires, où on ne ressent pas le plaisir du « vivre ensemble ».
Pour tenter d’apporter une réponse à ces problèmes, il est nécessaire d’agir de façon concertée sur l’ensemble des leviers. Une action sur un quartier ne prend du sens et ne présente les meilleures chances de réussite que si parallèlement une action spécifique est en même temps entreprise avec les gens de ce même quartier, sur l’école. La mise en place d’actions d’insertion sociale et professionnelle est une des réponses les mieux appropriées pour répondre aux problématiques citées ci-dessus.
Le quartier présente un support très efficace d’une redynamisation sociale où chacun peut avec ses pairs retrouver le sens du collectif, puiser dans ce collectif d’autres valeurs, d’autres ressources lui permettant l’accès à une meilleure image de soi, à des capacités relationnelles améliorées, à une plus grande ouverture sur le monde et les autres.
L’ouverture aux autres et sur le monde est moins difficile chez les personnes qui ont des prédispositions pour aller vers l’autre, pour se confronter à des situations inhabituelles ou moins connues. L’ouverture aux autres nécessite des relations apaisées où chacun apprend à considérer l’autre sous l’aspect d’un partenaire éventuel et non uniquement en tant que concurrent. Une meilleure connaissance de soi, de sa culture, de son histoire sont également des éléments importants à prendre en compte pour permettre à l’individu d’aller plus facilement vers l’autre.
La possibilité d’agir concrètement sur son environnement immédiat et d’une façon élargie sur le monde qui l’entoure est une des clés de cette ouverture au reste du monde de l’individu. Ce travail d’ouverture repose sur la valorisation de la curiosité, du droit à l’erreur, de l’essai.
Le développement et l’encouragement de la curiosité facilitent chez l’individu sa capacité à s’approprier son environnement immédiat et son environnement élargi. La curiosité permet également à l’individu d’appréhender de façon plus rassurée es opportunités auxquelles il n’avait pas pensées, que ce soit dans le domaine professionnel, familial, dans ses loisirs, dans ses déplacements dans sa relation à l’autre, dans l’acceptation de la culture de l’autre.
Cette curiosité encouragée et accompagnée permet d’apprivoiser l’inconnu en permettant en permanence de faire référence à des choses plus familières, de relier des éléments plus connus ou déjà vus pour mieux affronter les situations nouvelles qui peuvent au premier abord dérouter ou rebuter les individus. Elle permet à l’individu de se situer en tant que citoyen du monde.
En étant reconnu et accompagné comme citoyen, et en se considérant lui-même comme tel, l’individu se trouve de facto investi des responsabilités qui en résultent. Il devient alors acteur de ce qui lui arrive, en accordant beaucoup moins de crédit à la fatalité, en laissant moins de place à l’assistance.
La session de formation mise en pace aura l’ambition de rester en cohérence avec les éléments énoncés plus haut. Le développement de la curiosité est une donnée fondamentale de notre projet de formation. Tous les moments du stage peuvent être mis à profit pour favoriser l’expérimentation, la découverte tant que les conditions de sécurité sont réunies.
Bien que la formation s’adresse à chacun individuellement, qu’elle prenne en compte l’individu au stade où il se trouve, avec ses besoins spécifiques, la réalisation collective de projets devra permettre à l’individu de se sentir comme membre responsabilisé et reconnu d’un groupe.
La capacité de travailler en commun, de nouer des relations, de s’ouvrir aux différentes cultures seront également parmi les priorités du stage qui laissera une large place à la culture locale à travers ses différentes composantes.
L’individu doit être appréhendé de façon globale et les actions mises en œuvre à travers les différents modules concourent de façon transversale au développement de la personne. L’interdisciplinarité sera donc recherchée à chaque fois que possible, afin de montrer concrètement les liens qui existent entre des éléments qui ne sont parfois isolés que par souci de commodité.
Le bénéfice attendu au delà des objectifs spécifiques des modules vise à former un citoyen responsable, humain, autonome, ouvert et curieux.